Avant même que la santé mentale ne soit désignée Grande cause nationale 2025 (reconduite en 2026), la Fondation a décidé de centrer ses appels à projets (AAP) de recherche sur la thématique « précarité et santé mentale », souhaitant ainsi affirmer que la lutte contre l’exclusion sociale des personnes souffrant d’un trouble de santé mentale est une priorité, alors qu’il y a aujourd’hui consensus sur le fait que les problématiques de santé mentale et de précarité sont liées.
Après celui émis fin 2024, un nouvel appel à projets de recherche a été émis fin 2025, AAP 2025/2026 « Précarité et santé mentale : cibler les plus fragiles », en lien avec les partenariats avec l’ARS Île-de-France, l’ARS Occitanie et l’ARS Guyane, resserré autour de 3 sous-thématiques : 1) Enfance et adolescence en situation de précarité, repérage et prévention des troubles psychiques ; 2) Précarité et familles monoparentales, effets psychiques et accompagnements ; 3) Impact de la surexposition aux aléas climatiques sur la santé mentale des personnes précaires et interventions.
3 projets de recherche viennent d'être désignés lauréats, sur recommandation du Conseil scientifique et après validation du Conseil d’administration de la Fondation, traitant de sujets majeurs, cf. ci-après.
Ces 3 projets s’ajoutent à 7 projets traitant de la thématique « précarité et santé mentale » déjà soutenus par la Fondation, ce qui en fait, avec 10 projets soutenus, un acteur significatif de la recherche sur les problématiques croisées précarité/santé mentale.
Descriptif synthétique des 3 nouveaux projets soutenus :
- Projet porté par Emilie Jouanjus, Maître de Conférences des Universités – Praticien hospitalier, Directrice adjointe du Centre d’Addictovigilance, CHU de Toulouse / Faculté de Santé.
Ce projet vise à documenter les troubles de l’usage de substances chez des mères célibataires victimes de violences en situation de précarité. L’objectif est de mieux comprendre les interactions entre violences, isolement social et vulnérabilités addictives afin d’améliorer les dispositifs d’accompagnement. La recherche repose sur une étude observationnelle prospective auprès de femmes suivies à la Maison des Femmes de Toulouse. Le projet vise à produire des éléments concrets contribuant à renforcer les dispositifs d’accueil, de repérage, d’orientation et de prise en charge pluridisciplinaire spécifiquement adaptés à la population ciblée par l’étude.
- Projet porté par Eloïse Berger, Centre d’Épidémiologie et de Recherche en santé des Populations (CERPOP), Équipe SPHERE Santé périnatale et handicap de l’enfant
Ce projet vise à documenter le développement psychosocial des jeunes confiés à l’Aide Sociale à l’Enfance (Maisons d’Enfants à Caractère Social en Haute-Garonne), afin de mieux comprendre les facteurs de vulnérabilité et de protection. L’étude mobilise une approche mixte combinant questionnaires standardisés et analyses qualitatives. L’objectif général est de développer une intervention visant à favoriser l’adaptation psychosociale des enfants et des adolescents bénéficiant d’une mesure de protection de l’enfance, afin de soutenir leur développement à long terme.
- Projet porté par Marta Lotto, socio-anthropologue postdoctorante au sein de l’équipe CALIPSO de l’UMR SESSTIM (Aix-Marseille Université, Inserm, IRD).
Contrairement à la plupart des travaux consacrés à la santé mentale des migrants, cette recherche s’intéresse aux professionnels de santé qui les accompagnent. Elle vise à : analyser leurs conditions de travail et leur qualité de vie au travail ; comprendre les situations professionnelles les plus éprouvantes ou traumatiques rencontrées dans la prise en charge des migrants primo-arrivants ; identifier les ressources, dispositifs et stratégies mobilisés pour faire face à ces difficultés. Elle sera menée sur trois territoires contrastés : Marseille, Nanterre et Cayenne, Guyane). Le projet vise à identifier les facteurs qui fragilisent ou, au contraire, soutiennent les professionnels ; recenser les pratiques et dispositifs les plus efficaces pour prévenir la souffrance au travail ; produire des recommandations transférables à d’autres contextes médico-sociaux confrontés à des publics en situation de grande vulnérabilité.